Sac ayoreo

65.00 €

Une tradition riche et ancienne

Les sacs confectionnés en maille de caraguatá par les femmes ayoreo, et de façon plus générale les textiles en maille de fibre végétale élaborés par les Indiens du grand Chaco (une région qui s’étend sur le territoire de 3 pays : Paraguay, Argentine et Bolivie), représentent la tradition la plus riche de l’Amérique du Sud pour ce type d’artisanat. Leur élaboration met en jeu des techniques très variées et des finitions sophistiquées. Remarqués dès les premières explorations dans ces territoires, leur existence est en étroite relation avec le mode de vie des peuples indigènes de la région : la chasse, la pêche et la collecte.

Dans leur mode de vie traditionnel, les hommes se servent – ou se servaient, car beaucoup désormais ne peuvent plus vivre leur mode de vie ancestral- des grands sacs rectangulaires pour le transport du gibier. Ils en utilisent de tout-petits pour y garder des objets personnels, pipe, tabac, matériel pour le feu, petites boules d’argile pour plonger. Le maillage particulier des fibres de leurs vêtements était destiné à les protéger des flèches.

Les femmes utilisaient de grands sacs arrondis pour transporter les fruits qu’elles collectaient ainsi que leur matériel domestique pendant les déplacements. D’autres, de taille variée, servent toujours de hamacs pour les grands ainsi que pour transporter les bébés et les jeunes enfants. Les textiles de caraguatà servaient à confectionner des vêtements pour les femmes ainsi que des nattes pour s’asseoir et dormir.

La confection

Le caraguatá, dont la fibre est ainsi utilisée, est une longue herbe (bromelia hieronymi) que les femmes ayoreo appellent dajnu. Elles vont la cueillir dans la forêt puis la raclent avec un bâton de bois fibreux ou un couteau, en prenant appui sur une tablette de bois. Puis elles font sécher et blanchir les fibres au soleil, après les avoir lavées. Elles les trient et les divisent en filaments, qu’elles roulent sur leurs cuisses pour en faire des fils très fins, qu’elles retournent ensuite dans la direction opposée, les retordant ainsi en un seul fil .

Vient ensuite le stade de la coloration : pour obtenir diverses couleurs, elles utilisent l’écorce de différents arbres, des fruits, feuilles, cendres, résines, pierres râclées ou pilées. Alors que les femmes nivaklé – un autre groupe indien du Chaco - continuent à utiliser uniquement des couleurs naturelles, les femmes ayoreo, qui aiment les couleurs vives et les contrastes, commencent à utiliser des teintures à l’aniline.

Juste après la teinture, les femmes commencent la confection des sacs, utilisant différentes techniques, essentiellement des mailles très fines travaillées à l’aiguille, avec des points plus ou moins compliqués. Les techniques passent de mère en fille, et la confection des sacs est une occasion de réunion pour les femmes qui conversent en travaillant.

Des motifs symboliques

Les motifs représentés sur les sacs sont associés à la cosmogonie des Ayoreo ainsi qu’à un système complexe de classification sociale. Les Ayoreo sont organisés en clans, interdisant l’endogamie au sein du clan, et établissant un système de solidarité qui transcende la famille et même le clan. Les clans ont chacun son symbole, dont certains sont très anciens, et les femmes aiment les faire apparaître sur les sacs, ainsi que des symboles plus collectifs, liés à leur cosmovision. Il arrive aussi qu’elles inventent de nouveaux dessins.

Survival mène campagne depuis plusieurs années en faveur des Ayoreo-Totobiegosode qui vivent dans le Chaco, une vaste région de forêts denses et broussailleuses, qui s’étend du Paraguay à la Bolivie et à l’Argentine. Leur territoire, racheté par des spéculateurs fonciers et des éleveurs, est actuellement en proie à une déforestation massive. 

Dimensions : 25*25 cm